La semoule
Fine ou moyenne, parfois mêlée de farine, elle donne la pâte sablée du maamoul et le moelleux de la nammoura. On la laisse souvent reposer une nuit avec le beurre clarifié pour qu'elle s'imbibe : c'est ce qui la rend fondante.

Au-delà du baklava : maamoul, knefeh, mouhalabieh, halawet el jibn, nammoura… et la logique du sirop parfumé à la fleur d'oranger qui les relie tous.
La pâtisserie libanaise repose sur quelques ingrédients — semoule, pâte filo, fromage frais, pistache, noix — liés par l'attar, un sirop léger parfumé à l'eau de fleur d'oranger ou à l'eau de rose. On la classe en quatre familles : les feuilletés au sirop (baklava, asabe), les gâteaux de semoule (maamoul, nammoura), les desserts au fromage (knefeh, halawet el jibn) et les crèmes (mouhalabieh, riz au lait, achta). Le secret de l'équilibre : un sirop mesuré, versé froid sur une pâtisserie chaude, et des fruits secs qui coupent le sucre. Au Cèdre, rue Kervegan à Nantes depuis 1988, nos desserts sont faits maison : mouhalabié, baklawa, asabe et assortiment de pâtisseries.
Chez nous, un repas ne s'arrête jamais sur la dernière brochette. Après les mezzés froids, les mezzés chauds et les grillades, la table se vide un peu, on ressert le thé ou le café, et arrivent les douceurs. Pas un grand dessert à l'assiette comme on en sert en France : plutôt un plateau posé au milieu, avec des pièces qu'on prend du bout des doigts. Un carré de baklawa, un doigt de fée, une cuillère de crème. On goûte un peu de tout, on discute, on reprend.
C'est tout le rôle de la pâtisserie libanaise. Elle n'est pas là pour caler, elle est là pour prolonger la conversation. C'est pour ça qu'elle se présente en petites bouchées, qu'elle se partage, et qu'elle est pensée pour accompagner une boisson chaude plutôt qu'un dernier verre.
Au cœur de presque toutes ces douceurs, il y a le même fil conducteur : l'attar, un sirop de sucre cuit avec un filet de jus de citron, puis parfumé hors du feu à l'eau de fleur d'oranger ou à l'eau de rose. Comprendre l'attar, c'est comprendre la moitié de la pâtisserie libanaise. L'autre moitié, ce sont les textures : le croustillant de la pâte filo, le sablé de la semoule, le fondant du fromage, la douceur tremblante d'une crème de lait.
Ce guide fait le tour de ces familles, sans refaire la fiche d'un seul gâteau. Pour une vue d'ensemble de notre cuisine, du mezzé au café, commencez par notre guide du restaurant libanais à Nantes.

Cinq ingrédients reviennent sans cesse. Aucune recette ne les utilise tous à la fois, mais chaque pâtisserie en combine au moins deux ou trois. Les reconnaître, c'est déjà savoir ce qu'on va trouver sous la dent.
Fine ou moyenne, parfois mêlée de farine, elle donne la pâte sablée du maamoul et le moelleux de la nammoura. On la laisse souvent reposer une nuit avec le beurre clarifié pour qu'elle s'imbibe : c'est ce qui la rend fondante.
Des feuilles presque transparentes, badigeonnées de beurre clarifié et superposées. C'est la base des feuilletés : baklava, asabe, borma. Elle sort du four dorée et sèche, prête à boire le sirop.
Un fromage blanc peu salé, dessalé à l'eau, qui file à la chaleur. On le retrouve dans la knefeh et, travaillé avec de la semoule, dans la pâte souple de la halawet el jibn.
Pistache surtout, noix, noix de cajou, pignons, amandes. Concassés en farce ou en décor, ils apportent le croquant et une légère amertume qui calme le sucre.
L'attar : sucre, eau, quelques gouttes de citron, puis l'eau de fleur d'oranger ou de rose hors du feu. Il lie tout le reste. Certaines crèmes s'en passent et préfèrent le miel, comme notre mouhalabié.
À ces cinq piliers s'ajoutent le beurre clarifié, qui ne brûle pas et garde les pâtes croustillantes, et l'achta, une crème de lait épaisse qui garnit plusieurs desserts. Pas de chocolat, très peu de vanille, pas de crème au beurre : la pâtisserie libanaise joue sur les fleurs, le lait et les fruits secs. C'est cette palette resserrée qui lui donne son identité, d'une maison à l'autre.
Plutôt qu'une liste de noms, retenez quatre familles. Chaque dessert libanais que vous croiserez entre dans l'une d'elles, et chacune a sa logique de texture et de service.
La famille la plus connue en France. Pâte filo beurrée, farce de pistaches ou de noix, cuisson longue, puis sirop. Le baklava en est le chef de file, mais il a de nombreuses variantes : les asabe, ou doigts de fée, roulés autour d'une farce de noix de cajou ; la borma, enroulée en nid ; les petits carrés ouverts qui laissent voir la pistache. Nous ne referons pas ici toute l'histoire du baklava.
Le maamoul est le gâteau des fêtes : une pâte de semoule et de beurre, fourrée de dattes, de pistaches ou de noix, pressée dans un moule en bois sculpté qui imprime son motif. Pas de sirop ici, juste un voile de sucre glace. La nammoura, qu'on appelle basboussa ailleurs dans la région, est un gâteau de semoule cuit en plaque, découpé en losanges, une amande au centre, puis arrosé d'attar.
La knefeh est un dessert à part : une couche de fromage fondant, couverte de semoule fine ou de pâte kataïfi dorée au beurre, arrosée de sirop et servie chaude, parfois glissée dans un pain au sésame au petit-déjeuner. La halawet el jibn se sert froide : une pâte souple de fromage et de semoule, roulée autour d'une crème de lait, arrosée de sirop et parsemée de pistache.
La mouhalabieh est une crème de lait prise à l'amidon, légère et tremblante, parfumée à la fleur d'oranger ou à la rose. Le riz au lait libanais suit la même logique avec des grains de riz et un parfum d'eau de rose. L'achta, enfin, est cette crème de lait épaisse qui garnit les feuilletés et la halawet el jibn — on la mange aussi seule, avec du miel et des pistaches.

C'est la remarque qu'on entend le plus : « c'est trop sucré ». Elle vise souvent des pâtisseries industrielles, trempées dans un sirop épais qui sature tout. Une pâtisserie libanaise bien faite se tient autrement, grâce à trois réglages.
Le sirop, d'abord. Un bon attar est cuit juste assez pour napper la cuillère, jamais jusqu'au caramel. Le citron l'empêche de cristalliser et lui donne une pointe d'acidité. Et on l'emploie avec mesure : la pâtisserie doit être brillante et imbibée, pas flotter dedans.
Le parfum, ensuite. L'eau de fleur d'oranger et l'eau de rose ne sucrent pas, elles allègent. Quelques gouttes suffisent ; trop, et le dessert prend un goût de savon. C'est une affaire de dosage, pas de générosité.
Les fruits secs, enfin. La pistache, la noix, la cajou apportent du gras, du croquant et une amertume discrète qui coupe le sucre. Ajoutez la taille des pièces — deux bouchées, pas plus — et vous comprenez pourquoi on en prend deux ou trois avec un café, et qu'on s'arrête là sans lourdeur.
Ce sont les trois noms qu'on nous demande le plus souvent d'expliquer. Ils n'ont presque rien en commun, sinon d'être libanais et sucrés.
Un feuilleté
Pâte filo en couches fines, farce de fruits secs, sirop versé après la cuisson. Se mange froid ou à température ambiante, croustillant, en petits carrés ou losanges.
Un dessert au fromage
Base de fromage blanc fondant, couverture de semoule ou de kataïfi, sirop. Se mange chaud, filant, souvent le matin, découpé à la part dans un grand plat rond.
Un petit gâteau sablé
Pâte de semoule au beurre, farce de dattes, de pistaches ou de noix, moulée, sans sirop. Se conserve plusieurs jours : c'est le gâteau qu'on prépare en quantité pour les fêtes.
En une phrase : croustillant et sirop pour le baklava, chaud et fondant pour la knefeh, sablé et sec pour le maamoul.
La plupart des pâtisseries libanaises contiennent du gluten : la pâte filo des feuilletés, la semoule de blé du maamoul et de la nammoura, la kataïfi de la knefeh. Inutile de se faire d'illusions sur ces familles-là. Mais celle des crèmes et des laitages offre de vraies options, souvent les plus légères de la table.
Les pistes les plus sûres
Comme les recettes changent d'une maison à l'autre, le bon réflexe reste de demander. Nous vous dirons précisément ce qui compose chaque dessert, y compris pour les allergies aux fruits à coque, omniprésents dans cette cuisine.
Oui, c'est possible, et certaines s'y prêtent très bien. Voici par où commencer, du plus simple au plus exigeant.
La mouhalabieh demande du lait, du sucre, de l'amidon et de l'eau de fleur d'oranger. On épaissit à feu doux sans cesser de remuer, on verse en coupes, on laisse prendre au frais quelques heures. Pistaches concassées au moment de servir.
Sucre et eau, un filet de citron, une cuisson courte jusqu'à ce que le sirop nappe la cuillère, puis l'eau de fleur d'oranger hors du feu. Laissez refroidir : c'est lui qui servira pour tous les autres desserts.
La pâte se prépare la veille pour que la semoule absorbe le beurre. Le moule en bois aide, mais on peut façonner à la main et marquer le dessus à la fourchette. Cuisson courte : le maamoul doit rester pâle.
Le baklava demande de la patience : des dizaines de feuilles de filo à beurrer une à une. Retenez la règle d'or : pâtisserie chaude, sirop froid, ou l'inverse — jamais les deux chauds, sinon la pâte ramollit.
Et si l'envie de pâtisser vous passe en route, vous savez où nous trouver.

Au quotidien, la pâtisserie libanaise accompagne le café : un café turc serré, parfois à la cardamome, ou un thé à la menthe. C'est la fin naturelle d'un repas entre amis ou en famille, après les mezzés et les grillades. Si vous découvrez cette façon de manger, nos mezzés incontournables vous donneront le déroulé complet du repas.
Aux fêtes, certains desserts deviennent des rituels. Le maamoul se prépare en grande quantité pour les fêtes religieuses, chrétiennes comme musulmanes, et s'offre aux voisins. La knefeh est un plaisir du matin, dans les boulangeries. Les plateaux de baklava et de pâtisseries assorties circulent aux mariages et aux baptêmes.
Pour un événement, c'est le dessert le plus pratique qui soit : des pièces individuelles, qui se tiennent à température ambiante et qu'on picore debout. C'est ainsi que nous concluons un buffet libanais pour un anniversaire, un repas de famille ou un séminaire.
Au Cèdre, rue Kervegan, nous faisons la cuisine libanaise depuis 1988. Nous sommes trois, et presque tout ce qui sort de notre cuisine est préparé sur place — les desserts compris.
À la carte, vous trouverez la mouhalabié, notre crème de lait au miel ; le baklawa aux pistaches ; les asabe, doigts de fée à la noix de cajou ; et un assortiment de pâtisseries pour goûter un peu de tout. Pour finir en douceur, le café gourmand et le thé gourmand associent une boisson chaude à quelques pièces sucrées.
Tout le détail est à retrouver sur la page nos desserts faits maison à Nantes. Le midi, la formule inclut un dessert, mouhalabié ou deux pâtisseries, et nos douceurs voyagent aussi bien à emporter qu'en livraison.

Réservez une table rue Kervegan, ou commandez à emporter : nos pâtisseries se glissent très bien dans le sac, à côté des mezzés.
Le baklava est un feuilleté de pâte filo fourré de fruits secs et arrosé de sirop, servi froid et croustillant. La knefeh est un dessert au fromage fondant, couvert de semoule ou de kataïfi, arrosé de sirop et servi chaud. Le maamoul est un petit gâteau sablé à la semoule, fourré de dattes ou de pistaches, moulé et sans sirop.
L'achta (ou kechta) est une crème de lait épaisse, parfois parfumée à la fleur d'oranger ou à la rose. Elle garnit des feuilletés et la halawet el jibn, et se déguste aussi seule, avec du miel et des pistaches.
Les crèmes sont les meilleures pistes : mouhalabieh prise à l'amidon, riz au lait à l'eau de rose, achta au miel. Les feuilletés, le maamoul, la nammoura et la knefeh contiennent du gluten. Les recettes variant d'une maison à l'autre, demandez toujours la composition.
Oui. Commencez par une mouhalabieh, puis apprenez l'attar (sirop au citron et à la fleur d'oranger), avant le maamoul et enfin le baklava, le plus long. Règle d'or : pâtisserie chaude et sirop froid, ou l'inverse.
C'est le sirop de la pâtisserie libanaise : sucre et eau cuits brièvement avec un filet de citron, puis parfumés hors du feu à l'eau de fleur d'oranger ou à l'eau de rose. Il imbibe les feuilletés, la nammoura et la knefeh.
Souvent à cause de versions industrielles noyées de sirop épais. Bien faite, elle reste équilibrée : sirop léger et citronné, eaux florales dosées avec parcimonie, fruits secs qui coupent le sucre et petites portions de deux bouchées.
Les feuilletés au sirop se gardent quelques jours dans une boîte hermétique à température ambiante, le réfrigérateur les rendant durs. Le maamoul tient une bonne semaine. Les crèmes se conservent au frais et se mangent dans les deux ou trois jours.